Sexo

Le tantrisme ou l’autre dimension du plaisir

Sagesse indienne plusieurs fois millénaire, le tantrisme vise à une meilleure connaissance de soi et des autres. Un horizon qui s’atteint notamment par le biais d’une sexualité épanouie, libérée des carcans de l’égoïsme et de la performance. Pour nous initier aux mystères du plaisir, nous avons rencontré une experte en la matière…

On en parle souvent à tort et à travers, comme d’une sorte de déclinaison du Kama-Sutra réservée aux adeptes des contorsions exotiques, comme d’un petit manuel du plaisir illustré, nimbé du parfum sensuel des mystères de l’Orient. Et pourtant non, le tantrisme, ce n’est pas ça. Ce n’est pas la dernière méthode clé en main pour prendre du plaisir en cinq minutes, satisfait ou remboursé. Oubliez les vieux réflexes d’occidentaux pressés et insatisfaits, mettez de côté les obligations de performance, les petits plaisirs égoïstes et l’orgasme sur commande. Le tantra, c’est d’abord une philosophie, un long cheminement vers soi-même et les autres dont la sexualité (une sexualité libérée, harmonieuse, spirituelle) est l’un des vecteurs.

Le tantrisme pour les nuls

Pour bien commencer, revenons aux sources. Ou du moins aux sources claires : le tantrisme puiserait ses origines dans une tradition orale datant de plusieurs milliers d’années, mais ce n’est qu’à partir du VIème siècle avant JC qu’il a été identifié comme un courant de l’hindouisme, et s’est vu traduit en sanskrit sur des textes (ou tantras). Petit à petit les principes du tantrisme se sont étendus à d’autres philosophies, jusqu’au bouddhisme. Mais aujourd’hui, le tantrisme n’est guère plus reconnu et est peu pratiqué en Inde. C’est au contraire dans les sociétés occidentales qu’il a trouvé une deuxième vie. Très en vogue depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, il connaît depuis peu, un véritable essor en France.

Cet « éveil » passe par un ensemble d’exercices permettant d’être davantage à l’écoute de ses propres sens, de ses propres énergies. Bien évidemment, la sexualité, à défaut d’être la finalité du tantrisme, joue un rôle non négligeable dans cette découverte de soi et des autres.

Le grand secret du tantrisme, c’est la libération de la kundalini, la force contenue vers le bas de la colonne vertébrale et qui est, selon les principes du tantrisme, le moteur de notre énergie vitale… et de notre libido. Laisser s’exprimer pleinement la kundalini nécessite un certain temps, puisqu’il s’agit de s’abandonner, de lâcher prise, de chercher par le biais de la méditation et de l’ouverture, une forme de plénitude. En découvrant son « corps énergétique », et en le faisant entrer en harmonie avec celui de son ou sa partenaire, le tantrika (adepte du tantra) atteint une nouvelle forme de plaisir et d’échange sexuel.

Le tantrisme est avant tout basé sur la circulation des énergies. C’est pourquoi certaines pratiques sont favorisées. Le massage tantrique, notamment, permet de débloquer les tensions, réveiller notre force originelle.

Chacun son chakra

Mais le tantrisme, c’est aussi l’apprentissage de certaines positions, qui ne sont généralement abordées qu’après un certain temps – il faut avant tout avoir appris à se désinhiber, à être ouvert à l’autre sans juger, sans peur d’être jugé et dans un désir d’harmonie. Faire l’amour en position assise, membres enlacés, la femme sur l’homme, permet notamment une meilleure communication des chakras (centres d’énergie, d’émotion et de pouvoir) et une meilleure circulation des fluides. Autre position favorisée dans le tantrisme, l’homme à genoux et la femme allongée face à lui, le bassin relevé, les jambes serrées autour de la taille de son partenaire. Dans tous les cas, il s’agit de faire de l’acte sexuel un moment d’échange intense, de plaisir fusionnel, dans lequel la pénétration n’est pas une fin en soi mais un moyen d’accéder à une apothéose des sens. On est loin d’une quête effrénée de l’orgasme.

On peut être déçu, ou tout simplement rester irrémédiablement hermétique. Il n’en demeure pas moins que cette philosophie ancestrale, fait de plus en plus d’émules. La recherche de la plénitude amoureuse a de beaux jours devant elle.

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