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Caresse-tendresse : le duo gagnant

Ni ringarde, ni tarte, ni réservée aux midinettes, la tendresse est de retour. On se susurre des mots doux et surtout on se caresse. Petit guide pour les non-initiés.

Dans une société où domine l’image, la vue est devenue le sens roi, au détriment des autres et en particulier du toucher. La réalité est là, on se touche peu. Le contact physique est de moins en moins autorisé. La morale chrétienne proscrit le péché de chair et tout ce qui pourrait l’encourager. Les valeurs sociales, en particulier anglo-saxonnes, encouragent la maîtrise des émotions et des sentiments. Le self-control se traduit d’ailleurs par un puritanisme où le « no touch » s’impose.

Et pourtant, que de plaisirs perdus. Car le contact peau à peau est un monde d’une richesse étonnante. La caresse est un don de soi, un échange, une communion, qui procure autant de plaisir à celui qui donne qu’à celui qui reçoit. La caresse ne se limite pas à la sexualité. Elle permet de dire avec les mains ce que ni les yeux ni la parole ne savent exprimer. Prendre la main de l’autre, l’embrasser dans le cou, se promener dans ses cheveux, c’est témoigner sa tendresse, son affection, son amour, en valorisant et en accueillant l’autre.

Les trois cercles du plaisir

L’art de la caresse repose sur une bonne connaissance de la géographie corporelle. Si l’ensemble de la peau renferme des récepteurs, ceux-ci sont plus ou moins nombreux et plus ou moins sensibles selon les régions. On distingue habituellement trois cercles, du plus global au plus intime. Le troisième de ces cercles comprend les différentes zones de la tête, du torse, des jambes et des pieds. Le plaisir des caresses ne saurait être complet sans une exploration exhaustive, et toujours inventive, de ces régions du corps.

Le second cercle concerne des zones à forte valeur érotique et possédant un lien étroit avec les organes génitaux : pubis, périnée, région anale et seins. Les caresses du second cercle ne doivent pas être systématiquement perçues comme des préliminaires. Le premier cercle, enfin, se concentre sur le sexe qui se prête à des cheminements des mains et de la bouche conduisant à la plus grande volupté. Caresser, c’est entreprendre un voyage à deux où chacun se donne et s’abandonne. C’est explorer l’intime. Il faut prendre son temps, s’écouter, ressentir et aimer. Les possibles sont infinis, le corps chante sous les doigts doux et la bouche chaude, la peau vibre et l’âme s’ouvre. Les caresses sont les messagers de l’amour.

En fondu enchainé et avec doigté

La caresse dévoile aussi le désir. Elle est l’invitation et le prélude à l’amour. Les femmes y sont particulièrement sensibles car elles permettent à leur corps de s’ouvrir pleinement à l’excitation. Les hommes ont tout à gagner à s’y abandonner.Ils en raffolent souvent sans oser le dire! La caresse est une préparation du corps et de l’esprit, pour une réceptivité maximale l’un envers l’autre.

Les sensations procurées sont toujours à la hauteur de l’attention et de la passion que l’on insuffle à ses gestes. Avant tout, il faut mettre son imagination au service du plaisir de l’autre. Comme il est préférable de gravir lentement l’échelle qui mène au septième ciel, la main est le premier outil pour y parvenir.

Il existe un grand nombre de mouvements possibles… L’ongle ne doit pas être oublié, comme une légère morsure laissant son empreinte sur la peau. Pensez à fondre vos gestes car rompre le contact des doigts, même momentanément, avec la peau, casse la volupté du partenaire. Il faut également éviter de prendre des « raccourcis », en passant par exemple directement d’une épaule à une cuisse ; prenez le temps de cheminer le long du thorax et du ventre avant d’atteindre votre but. Cela permet d’explorer le corps dans sa totalité tout en lui donnant le sentiment de ne pas être morcelé. Les mouvements doivent être huilés ; on change de rythme en douceur, on alterne les types de caresses furtivement. Surtout, il faut chercher à donner du plaisir en étant attentif aux réactions de l’autre.

La bouche est un instrument de plaisir dont il serait dommage de se priver. L’usage concomitant ou non des lèvres, de la langue et des dents permet une exploration de plus en plus intime du partenaire. De plus, ces caresses sollicitent, pour celui qui les offre, l’odorat et le goût, et finissent toujours par combler tous les sens.

Réceptif de la tête aux pieds

La peau est l’organe de nos sens le plus développé, puisqu’il couvre pas moins de 8 000 cm2 chez un adulte. C’est aussi celui qui est le plus riche en récepteurs : on en compte au bas mot 1,5 million, soit de 8 à 135 au cm2. Ces récepteurs, qui constituent l’origine des nerfs sensitifs, captent en permanence les stimulations extérieures. Les plus célèbres sont les « corpuscules de Krause » qui tapissent le gland du clitoris et du pénis. La peau est aussi riche en vaisseaux sanguins sensibles aux stimulations. Les caresses provoquent ainsi une vasodilatation et un afflux de sang qui, à leur tour, entraînent une excitation agréable des fibres nerveuses entourant les vaisseaux. Voilà pourquoi la peau est le siège de bien des délices…

C’est bon pour la santé

Les caresses ne sont pas qu’une stimulation très agréable. Elles procurent des bienfaits pour le corps et pour la tête ! Ainsi, elles activent la circulation, relâchent les muscles, favorisent la respiration et réduisent le sentiment de fatigue. Elles possèdent aussi un effet sédatif, tranquillisant et euphorisant. Ces bienfaits sont liés à la sécrétion de neurotransmetteurs et d’hormones, en particulier d’endomorphines, aux effets positifs bien connus.

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